Les vieux chênes… de la forêt de Fontainebleau
50 ans d’histoire de la forêt de Fontainebleau
Philippe Lustrat


Introduction

Je fréquente la forêt de Fontainebleau depuis 50 ans… Je vais vous raconter ma vision de la forêt et les actions d’étude et de protection que j’ai mené en un demi-siècle, grâce à la complicité de 4 amis : Robert Picard, Michel Agron, Serge Girault et Michel Godefroy.
Ces amis seront le fil conducteur de ce récit que j’ai voulu le plus précis possible.
Vous verrez apparaitre de nombreux protagonistes dont la plupart sont devenus des amis, car j’ai rencontré la plupart des naturalistes et protecteurs de la forêt, mais 4 parmi eux se détachent particulièrement, non seulement, ce sont ceux qui ont eu le plus grand impact sur la protection de la forêt, mais aussi car je les ai côtoyés de plus près…

1970
On était en 1970, et je devais avoir 10 ou 11 ans quand ma passion pour la Nature a commencé….
Mes plus anciens souvenirs remontent à Arbonne-la-forêt, petit village en lisière de forêt où nous avions emménagé…
Pourquoi la forêt et ses animaux m’a-t-elle attirée ? je ne sais pas… mais je n’avais qu’un but : attendre le mercredi et le week-end pour aller en forêt. En attendant, je lisais et relisais les quelques rares livres sur les animaux que je possédais.
Je trainais autours de la maison, dans les bois ou les marais, et je commençais à inventorier les animaux que je voyais : amphibiens, reptiles, insectes…
Seul avec ma passion, et sans internet, je dévorais tous les mois les rares revues nature disponible en librairie (La Faune… Découvrir les animaux sauvages…).
Puis, je réussi à l’âge de 15 ans, en travaillant pendant les vacances à m’acheter un appareil photo et un petit téléobjectif…

Je commençais alors à prendre des photos de cerfs ou chevreuils que je traquais très tôt le matin, partant en pleine nuit de la maison. Mes connaissances sur le terrain étaient empiriques et mes connaissances photos lacunaires, mais je réussis quand même à prendre des photos de la faune de la forêt, malgré mon matériel de piètre qualité.

1974
Plus tard, vers mes 15 ans, je pensais être le seul à faire de la photo animalière en forêt de Fontainebleau.
Je ne connaissais personne et il existait peu de livres et de revues sur les animaux. J’avais donc beaucoup de mal à avoir des conseils ou informations sur la faune et la manière de prendre des photos.
Un jour, j’appris par la presse locale, que se tenait à Fontainebleau, une exposition de photographies d’animaux sauvage…
Nous habitions à Arbonne, aussi le samedi, j’ai pris mon vélo et j’ai fait les 10 km qui me séparaient de Fontainebleau.
Arrivé à la salle des élections de Fontainebleau, je crus vivre un rêve : des dizaines de photos d’animaux sauvages (en noir et blanc bien sûr à cette époque) couvraient les panneaux d’exposition !
Un affut en toile était exposé, et un gars un peu plus âgé que moi, en treillis tenait un stand derrière lequel d’énormes téléobjectifs étaient présentés.
On était en 1974, et je venais de rencontrer Michel Agron. Nous avons tout de suite sympathisé et il m’a parlé de l’association qu’il venait de créer pour rassembler la petite dizaine de chasseurs photographes de la forêt de Fontainebleau : l’Association locale de chasse photographique bellifontaine.
J’étais pressé de tout savoir sur les techniques de prises de vue et sur les moeurs des animaux, que Michel connaissait si bien. Je suis souvent retourné le voir à Fontainebleau et nous avons commencé à faire des sorties ensemble. Cependant, j’ai dû attendre la fin de mon service militaire et donc mes 19 ans, pour être libre, véhiculé, et acheter le matériel nécessaire pour faire des prises de vue de qualité.
Nous nous sommes revus souvent et nous avons fait un nombre incalculable de sorties en forêt ensemble.

Bien que ne fréquentant que certains secteurs de la forêt, Michel connaissait parfaitement les passages des animaux, et sa patience était prodigieuse… Il guettait les animaux jusqu’à ce qu’ils passent, comme par magie devant lui !
Sa patience était immensurable, il restait des heures à guetter les animaux ; il détestait déranger les animaux et ne les approchait jamais, il ne pratiquait que l’affut et la billebaude. La plupart du temps, nous marchions un peu en forêt pour rejoindre un site favorable où nous restions à guetter les animaux.
Michel connaissait très bien tous les oiseaux et leurs chants, il arrivait même à les imiter. Un après-midi, alors que nous étions de sortie à la mare aux Evées, il imita la chouette hulotte et réussit à la faire venir à une dizaine de mètres de nous !
Il sortait en forêt tous les week-ends et ramenait de magnifiques clichés qu’il exposait tous les ans à Fontainebleau.
A cette époque, nous n’avions pas de laboratoire personnel, aussi, nous allions à la MJC de Fontainebleau, où, pour une somme modique on pouvait utiliser leur laboratoire photo.

Ce fut Michel qui m’initia au développement des pellicules et aux tirages photos pour les expositions.
Dans les années 1970 à 1990, il y avait très peu d’animaux en forêt de Fontainebleau et aucun cerf ne bramait avant 1984… Aussi chaque photo était un exploit. Nous allions souvent le matin à la Vallée de la Solle et l’après-midi à la mare aux Evées. Il y avait peu de promeneurs et on pouvait prendre des photos parfois en journée.
Michel était vêtu invariablement avec sa tenue du service militaire : treillis l’été et parka l’hiver.
Depuis qu’il avait fait son service militaire en Allemagne, il ne portait que cela, même durant ses premières expositions, il s’habillait en tenue de sortie de militaire !
Il m’a fait découvrir le « Novoflex » : téléobjectif conçu spécialement pour la photo animalière. Il fut l’un des premiers à utiliser ce matériel en France.
Michel avait une stabilité étonnante, il ne tremblait jamais et parvenait à photographier des animaux à main levé au 600 mm, au 1/30 e de seconde alors que les boitiers n’avaient aucune stabilisation à cette époque.
Il n’était pas adepte des tenues de camouflage tant à la mode de nos jours, il s’habillait simplement d’un treillis qu’il avait ramené de l’armée. De même il n’utilisait pas d’affut, se contentant de rester immobile.
Le week-end, nous allions en forêt ensemble dès le lever du jour, photographier les animaux. Nous faisions souvent de la billebaude avec de fréquents arrêts qui s’apparentaient à des affuts. Nous rentrions en fin de matinée.
Mais nous repartions l’après-midi et la soirée souvent nous poster près d’une clairière ou d’une mare pour y guetter les animaux.
Si le temps était mauvais, nous allions développer des photos à la MJC de Fontainebleau et préparer les futures expositions.
J’étais devenu vice-président de l’association et par nos expositions, nous faisions découvrir aux habitants de Fontainebleau, les animaux de la forêt, qu’ils ne connaissaient pas…Michel faisait des animations pour les écoles et nos actions commençaient à intéresser de plus en plus de personnes, à une époque où l’écologie n’était pas à la mode. D’ailleurs nous étions la seule association s’intéressant aux animaux en forêt de Fontainebleau.

1975
A partir de 1975, Michel transforma son exposition annuelle en un « salon international de la chasse-photo », ce qui permettait à de nombreux photographes étrangers de venir exposer en France.
En effet, nos expositions rencontraient un succès considérable en France, mais aussi à l’étranger, et des photographes étrangers nous contactaient souvent.

1978
En 1978, lors d’un affut photo au renard, je fus confronté à des chasseurs qui venaient gazer le terrier près duquel j’affutais…A l’époque, un gaz extrêmement dangereux était utilisé pour tuer les renards, car ils transmettaient la rage. Devant, mon refus de quitter les lieux, je fus mis en joue par un chasseur et menacé de partir…j’ai tenu bon et ils ont dû quitter les lieux, mais cela me valut quelques problèmes par la suite…
J’étais révolté par cet acte, car j’ai su que les chasseurs étaient revenus et avaient gazés puis achevés tous les renardeaux.
Je ne savais que faire, car j’avais contacté les associations de protection de la nature des environs, qui m’avaient dit ne rien pouvoir faire…

Je tentais timidement un courrier au journal local (La République de Seine et Marne), qui à ma grande surprise, le publia.
Devant l’intérêt des lecteurs, le journaliste m’a demandé un texte et des photos sur la protection des renards, ce que je fis rapidement.
Encouragé, je lançais alors une campagne de presse locale et nationale pour demander l’interdiction du gazage, et à la place vacciner les renards comme cela se faisait en Suisse par exemple (en lançant des appâts avec le vaccin depuis un hélicoptère).
J’envoyai des courriers aux associations nationales sans réponse…
Au niveau départemental, mon interlocuteur était la Direction Départementale de l’Agriculture qui encourageait la destruction des renards, mais mes courriers restaient sans réponse.
J’avais de nouveau contacté les associations locales de protection de la nature qui refusèrent de me soutenir, le renard étant le dernier de leur souci, mais surtout ils avaient peur de la confrontation avec les chasseurs !
Cependant, un journaliste de FR3 vint faire un reportage sur ma campagne de protection des renards.
Le succès fut au rendez-vous : les associations locales et nationales me contactèrent et la campagne devint nationale.
Je m’inscrivis à la Société Française d’Etude et de Protection des Mammifères, où je rencontrais le vétérinaire François Moutou, qui s’occupait des mammifères sauvages au sein de la société.
Je me liai d’amitié aussi avec la présidente, Marie-Charlotte de Saint-Girons, spécialiste des micromammifères.
Je devins par la suite coordinateur du groupe « chiroptères « de cette société, et à ce titre, je gérais les études et actions de protection dans toute l’Ile de France.
Au niveau local, j’avais créé « Objectif Nature » qui prenait le relais pour les actions plus en lien avec la forêt de Fontainebleau.
Devant la montée de l’opinion publique qui était scandalisée par le gazage des renards, la vaccination commença en France en 1980, puis le gazage fut interdit en 1991. Grace à ces actions, en 1998, la rage disparut du territoire français !
1980
Dans les années 1980, plusieurs photographes animaliers rejoignirent notre association et la plupart devinrent des amis. Je pense en particulier à Robert Picard (dont je reparlerais plus tard), ainsi qu’à Denis Morêt.
Denis était venu nous rejoindre au labo-photo de la MJC pour apprendre à développer ses photos. Il s’équipa très vite de bon matériel et commença à faire de très jolies photos d’animaux.
Nous sommes vite devenus amis, et je passais régulièrement chez lui l’après-midi, dans une grand maison où il habitait avec ses parents, en bordure de la Seine à Fontaine-le-port.
Denis ne faisait qu’épisodiquement de la photo-animalière (surtout quand nous étions ensemble) car il s’intéressait à tout ! Pilote d’avion privé professionnel, il m’emmenait parfois faire un tour en avion. Sinon, nous partions de chez lui en bateau pour aller en face faire des photos dans les bois de Samois-sur-Seine.
Grace à ses talents de bricoleurs, nous avons aménagé (lui sa 2cv fourgonnette, moi, ma 4 L Renault) pour dormir et manger dedans. Ainsi, nous partions explorer les forêts françaises : forêt d’Orléans, forêt de Tronçais, etc… nous partions quelques jours dormir en forêt et photographier ses habitants…
Nous dormions dans nos véhicules pour être en forêt dès le lever du jour, et nous découvrions des forêts peu connus à une époque où les photographes animaliers étaient rares…
Fan de matériel ancien et nouveau, je ramenais à Denis toute sortie d’anciens téléobjectifs que je chinais à droite à gauche afin de les adapter sur nos appareils. Je testais aussi du matériel d’éclairage pour observer la faune la nuit car je disposais d’une autorisation administrative d’éclairage en forêt, dans le cadre de mes études sur les mammifères.
Nous bricolions des phares longues-portées monter sur nos véhicules, puis des phares orientables.
Je faisais aussi beaucoup de sorties nocturnes à pied seul à cette époque, disposant d’une autorisation préfectorale pour inventorier les animaux sauvages. C’est ainsi que je découvris les chats sauvages en forêt de Fontainebleau et dans d’autres forêts des alentours. Cette espèce n’avait jamais été identifiée auparavant dans notre région.
En effet, à cette époque, j’effectuais des études et inventaires pour les différentes délégations de l’Office National des Forêts d’Ile de France.

Quelques années plus tard, Denis Morêt déménagea pour la Bretagne, où il remit en état un vedette fluviale pour la rendre fluviale, puis a construit des télescopes en bois, car l’Astronomie était une de ses passions…
Revenons à Michel, le succès de ces salons de chasse photographique fut tel que plus d’une centaine de photographes français et étrangers exposaient désormais leurs photos tous les ans.
La gestion de l’association demandait beaucoup de temps, et d’énergie à Michel, car l’association ne bénéficiait d’aucune subvention.
Mais Michel aimait la solitude et sa tranquillité et quelques années plus tard, il prit ses distances avec son association mais continua en solitaire les sorties et les expositions.
Nous nous retrouvions souvent sur le terrain, dans la boucle de Samois-sur-Seine, la Vallée de la Solle ou à la mare aux Evées, qui étaient ses coins de prédilection.
Parfois, nous nous rendions à l’Espace Naturel Sensible de la plaine de Sorques (je décrirais la genèse de la protection de ce site plus tard) où nous passions la journée en toute tranquillité, car au début de sa création, l’observatoire n’était pas occupé par des dizaines de photographes.
Michel Agron a été le précurseur de la protection de la faune de la forêt de Fontainebleau, même s’il n’a jamais mené d’actions concrètes de protection. En sensibilisant tous les publics à la beauté de la Nature, il a ouvert la voie à la protection des animaux sauvages.
A cette époque, personne ne parlait des animaux de la forêt…
Michel avait hérité du don de dessinateur de son père, qui peignait de magnifiques scènes forestières.
Il aimait agrémenter le bulletin de l’association de dessins, mais les exposait rarement, ce qui est bien dommage…
Dans les années 1970, il y avait très peu de cerfs en forêt de Fontainebleau (j’ai entendu les premiers brames en 1984), aussi Michel était parti seul, au brame dans la proche forêt d’Orléans.
La seconde année, il m’invita à le rejoindre quelques jours. Les cerfs étaient nombreux à Orléans, et les photographes très rares, aussi avons-nous fait de superbes observations et photos.

Michel plantait sa tente au camping de Lorris, et nous passions toute nos journées en forêt.
Michel s’occupait de l’intendance et demandait une légère participation aux frais. Les repas étaient frugaux, Michel n’était pas un gourmet. Une boite de conserve pour deux était notre seul repas avec parfois un morceau de fromage… Mais nos moyens étaient limités, et le matériel photo très cher !
La seule entorse qu’il s’est autorisé était un repas au restaurant de la Croix d’Augars à Fontainebleau alors qu’il exposait.
Nous nous levions au petit jour pour aller immédiatement affuter près du Carrefour de la Résistance, et nous rentrions vers midi pour manger et faire une sieste. Puis nous repartions en fin d’après-midi…
C’est là que nous avons observé pour la première fois le Balbuzard pêcheur, en 1978, à l’étang de Ravoir, que nous avons revu ensuite tous les automnes.
Michel avait envoyé cette observation aux ornithologues locaux qui ne l’avaient pas cru, puis avaient repris cette découverte à leur compte l’année d’après…
Un soir, je restais en forêt, vêtu seulement de ma parka militaire et passai une nuit éprouvante mais tellement intense au milieu d’une place de brame. Les animaux ne m’ayant pas vu, venaient bramer et se battre à côté de moi, qui n’en menait pas large car je n’avais pas d’éclairage.
J’entendais seulement les puissants brames et les bois s’entrechoquer !
Michel profitait de son séjour pour exposer ses photos dans la petite ville de Lorris. Il faut dire qu’à l’époque, il n’y avait très peu de photographes animaliers en forêt d’Orléans, et je participais volontiers à ces expositions.
Arrivé à la retraite, Michel (qui avait travaillé à la DDE de Melun toute sa vie) avait quitté à regret son appartement à Fontainebleau, et il habitait désormais à Melun.
Il a cependant mis à profit cet emplacement pour faire des photos d’oiseaux en vol, puisqu’il était au même niveau que les oiseaux, habitant au 9e étage. Il a pu ainsi faire des photos étonnantes d’oiseaux en vol. Ces photos d’oiseaux pris au même niveau qu’eux avaient beaucoup de succès sur les forums photos. Il appelait son logement « sa vigie » ! Ce qui lui permettait de faire de la photo animalière en pleine ville !
Il profitait de sa retraite pour aller en forêt tous les matins, sauf en hiver où il sortait beaucoup moins. Il a changé ses endroits de prédilection et allait plutôt dans le nord de la forêt, dans un nouveau secteur qu’il avait trouvé.

Revenons en 1976
Lors d’une réunion de l’association, en 1976, je rencontrais Robert Picard, un habitant de Paris, revenant dès que possible à Fontainebleau où il résidait avenue Foch à Fontainebleau.
Déjà fort âgé, Mr Picard débutait la photo animalière, non sans mal, et m’invitait souvent lorsqu’il était de passage à Fontainebleau à déjeuner afin de parler photo et animaux sauvages.
Il avait des problèmes de vue dus à son âge, et cela gênait considérablement les prises de vue au téléobjectif. Rappelons qu’à cette époque, la mise au point automatique n’existait pas et que les viseurs des appareils argentiques étaient peu lumineux.
Il avait un labo photo dans une petite pièce, qu’il me laissait utiliser, quand il était là, car habitant Paris, il ne venait pas aussi souvent qu’il le souhaitait à Fontainebleau à cause de son activité professionnelle.
Les séances de développement se terminaient invariablement par un bon repas cuisiné par Mr Picard, qui invitait souvent Michel Agron à nous rejoindre.
Les sorties avec Mr Picard étaient toujours très agréables… Il m’a fait découvrir le petit déjeuner en forêt ! car il emmenait toujours une thermos et des gâteaux faits maison…
Il faisait aussi des affuts en forêt avec des affuts très confortables, mais peu discrets…
Sa grande expérience en diplomatie m’a formé à mes futures actions de protection de la nature. Il m’a donné confiance en moi, ce qui m’a beaucoup aidé dans mes difficiles actions de protection de la forêt où je devais rencontrer de hauts dirigeants d’administration (Office National des Forêts, Direction Départementale de l’Agriculture, ministère de l’Environnement, Conseil Généraux, etc.).
Robert Picard connaissait parfaitement la forêt de Fontainebleau, il m’a emmené dans des endroits que je ne connaissais pas.
Par contre, il avait peu de connaissance sur les animaux de la forêt, et je le guidais dans les bois pour observer les animaux, et je lui enseignais les techniques d’affut pour les photographier.
Je le sensibilisais aussi à la protection de la forêt, et il fut un des premiers membres de mon association « Objectif Nature ».

Mais Mr Picard décida d’agir de son côté, en faisant jouer ses relations. En 2001, il créa avec un de ses amis, le Comité pour l’Avenir de la forêt de Fontainebleau, qui récolta un grand nombre de signatures pour demander une gestion plus écologique de la forêt de Fontainebleau.

Cette démarche fut innovante, car ils contactèrent tous les responsables d’associations nationales de protection de la Nature pour leur demander de s’engager au nom de leurs associations respectives.
Ce fut une des premières actions de protection de la forêt car sans faire beaucoup de publicité, cette pétition ouvrit pour la première fois un débat constructif auprès des gestionnaires et décideurs au plus haut niveau.

1980
J’avais commencé à m’équiper de bon matériel photo et ma collection de photos animalières d’était étoffé.
Cette année, le meilleur photographe animalier professionnel français, Jean-Paul Ferrero exposait à Paris, et muni de tout mon courage, je suis allé lui montrer quelques-unes de mes photos.
Jean-Paul faisait des photos plutôt à l’étranger, et il fut impressionné par mes photos. Il m’invita à venir chez lui et nous avons longuement échangé plusieurs après-midi.
Il me conseilla sur le matériel, mais surtout sur la composition des photos.
Il me fit rencontrer Serge et Dominique Simon, un couple de photographes professionnels français, spécialiste de la faune française. Nous nous sommes liés d’amitié et nous avons fait quelques voyages ensemble afin de photographier les animaux.
Par leur intermédiaire, je rencontrai le directeur de la publication de la célèbre revue nature « L’univers du vivant », une revue qui n’a jamais rencontré d’équivalent, car elle n’acceptait que très peu de publicité, et très ciblé. De plus, elle rémunérait correctement les photographes ce qui est rare pour des revues nature. Ces grâce à cette revue que j’ai commencé à vendre photos et reportages, notamment sur la forêt de Fontainebleau, ce qui me donna une certaine notoriété.

1984
A cette époque, j’avais créé une association locale de protection de la forêt de Fontainebleau que je nommais : « Objectif Nature ».
Le succès fut immédiat avec plus d’une centaine d’adhérents en quelques semaines.
Nous avons alors commencé des démarches pour discuter avec les gestionnaires de la forêt de Fontainebleau. Pour dire à quelle point cette démarche était innovante et peu à la mode, je me suis fait exclure d’une association de naturalistes locales (dont j’étais administrateur) qui considérait que la protection n’était pas un sujet sérieux, et qu’il fallait se borner, en tant que « naturaliste » à observer et noter !

Une nuit de septembre 1984, Robert Picard m’emmena dans un secteur que je ne connaissais pas entendre le premier cerf bramer en forêt de Fontainebleau depuis des années !
Dans les années 80, les populations de cerfs étaient extrêmement faibles en forêt de Fontainebleau. Les biches n’étaient quasiment pas chassées car elles étaient très rares et une dizaine de cerfs seulement étaient prélevés tous les ans…
Grâce à cette première localisation, j’ai commencé à suivre annuellement cette place de brâme, et à en rechercher d’autres. Avec les membres d’Objectif Nature, nous avons alors effectué un véritable comptage de cerfs bramant selon une méthodologie scientifique.
Nous passions plusieurs nuits en forêt, pendant l’époque du brâme pour compter les cerfs qui bramaient. Cela nous permettait d’avoir une estimation du nombre de cerfs présents en forêt de Fontainebleau.
1985
En 1985, mes connaissances de la faune firent que je fus nommé membre de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage de Seine et Marne, en tant qu’expert scientifique.
Ce conseil était présidé par la Direction Départementale de l’Agriculture de Seine et Marne. Ces réunions étaient très rigides et personnes n’osaient mettre en cause les décisions de ce conseil, qui étaient bien souvent, déjà prises avant la réunion !
D’autre part, le directeur de la DDA, fervent défenseur du gazage des renards voyait d’un mauvais oeil mon arrivée dans son conseil si tranquille.
Lors de la première réunion à laquelle j’assistais, je présentais nos comptages de cerfs en forêt de Fontainebleau afin de demander une baisse du nombre d’animaux tués… Stupeur dans la salle ! personne n’avait jamais remis en cause un plan de chasse !
Nous étions 2 experts scientifiques et mon collègue se faisait tout petit ! Il y avait 2 représentants des protecteurs de la nature, qui pensaient à l’impact de ma tirade sur les subventions que le département leur attribuait…
Cependant, ma demande fut appuyée par la Société de Vènerie de Fontainebleau grâce à Mr Robin, que je remercie encore, car je me suis senti bien seul… Les associations de protection de la nature ne m’ayant pas appuyé bien au contraire. Le directeur de la DDA a refusé aussi tout net la discussion et a clos le sujet !

Cependant, cette action eut le mérite de soulever le problème et a fait beaucoup de bruit dans les administrations.
Cela me valut ma place au sein de ce conseil, le directeur de la DDA (aujourd’hui mandataire d’une fondation-association d’achat de terrain dans un but de protection… !) ne souhaitant plus voir un trublion de mon genre perturber son si tranquille conseil….
À la suite de ce comptage, un dialogue s’est instauré avec la direction régionale de l’Office National des Forêts et mon association « Objectif Nature », le nombre d’animaux tués fut revu fortement à la baisse dès la saison suivante ! Peut-être que mes articles de presse et émissions de télévision ont joué en ma faveur, et ont contribué à cette action. C’est à partir de ces années que les populations de cerfs ont commencés à augmenter…Les plans de chasse ayant peu augmentés, les populations de cerfs sont désormais à un bon niveau.
Depuis, nous avons continué les comptages pendant quelques années, puis l’Office National des Forêts a pris le relais.
Revenons en 1979
En automne 1979, nous étions Michel Agron et moi-même parti chacun de notre côté en forêt d’Orléans par un froid matin d’automne.
En milieu de matinée, je quittais mon affut et je marchais sur une large allée qui menait à un carrefour forestier. A ce carrefour, je vis un homme, manteau en loden et chapeau assorti, regarder aux jumelles dans la forêt.
Arrivé à son niveau, l’homme me demanda si j’avais vu des animaux. Je lui répondis rapidement, n’ayant pas envie de partager mes observations avec un inconnu. Cependant, il s’avéra qu’il était au même camping que nous et qu’il venait aussi de la forêt de Fontainebleau.
En parlant avec lui, je fus surpris de sa connaissance des animaux de la forêt d’Orléans mais aussi de Fontainebleau. Il connaissait tous les secteurs où j’allais et bien d’autres que je ne connaissais pas. Il me racontait ses observations de cerfs (animal qui le fascinait) avec une foule de détails et de précisions qui faisaient qu’on avait l’impression de vivre l’observation avec lui !
Je venais de rencontrer l’homme avec qui j’allais faire mes plus belles observations de cerfs : Serge Girault !
Nous nous sommes revus au camping de Lorris où il venait camper aussi tous les ans avec son père pour le brame.

Serge était taxidermiste, c’est-à-dire qu’il « naturalisait » les animaux morts (on disait auparavant qu’il « empaillait » les animaux) et m’avait invité à venir le voir quand je voulais à son atelier.
Dès mon retour, je suis allé le voir et nous avons longuement discuté, puis fait des sorties en forêt ensemble.

Serge connaissait l’ensemble de la forêt comme sa poche, mais surtout les places de brame, les endroits où les cerfs perdaient les bois. Il connaissait aussi beaucoup de terriers de renards et de blaireaux.
Pendant une dizaine d’années, nous nous sommes vus presque tous les jours, soit dans son atelier pour discuter, soit le plus souvent en forêt.
Serge était un grand connaisseur de la forêt, mais son père était une véritable encyclopédie vivante. Il connaissait la forêt et les animaux comme sa poche, et tout comme son père, il avait toujours une observation à raconter.
Serge racontait avec passion et talent toutes ses observations. Il ajoutait tellement de détail que l’on croyait avec vu soi-même les animaux.

Comme son père, Serge, bien que non chasseur, suivait régulièrement les chasses à courre. Celui lui permettait de mieux comprendre le comportement des cerfs et d’observer leurs déplacements. C’est lui qui m’a expliqué le déroulement des chasses, les ruses du cerf, et les difficultés de cette chasse si décriée et mal comprise.
Nous partions souvent ensemble en forêt suivre l’activité des terriers de renards et de blaireau ; les photos-pièges n’existaient pas encore, alors nous utilisions des techniques primitives : observation des traces, baguettes en travers des entrées.
Nous avons passé des journées entières à marcher dans la forêt à la recherche de bois ce cerfs. Dans les années 80, les cerfs n’étaient pas abondants en forêt, et trouver un bois était très difficile. Mais nos efforts étaient récompensés et nous en trouvions quelques-uns tous les ans. Serge en trouvait beaucoup plus que moi, il avait un don pour cela. Nous pouvions marcher à 15 m l’un de l’autre pendant une journée et lui trouver 2 bois et moi aucun !
Sa collection de bois égalait celle de son père et devait être supérieure à une centaine ! dont souvent la paire.
Lorsque les cerfs ont commencé à devenir plus abondants, dans les années 90, nous allions ensemble au brame tous les matins et tous les soirs. Serge ne faisait pas de photos et observait aux jumelles, pendant que je photographiais.
Malheureusement, Serge est décédé quelques années après avoir pris sa retraite, en 1977.


Revenons en 1983
Une association locale, l’ANVL (association des naturalistes de la vallée du Loing et du massif de Fontainebleau) me contacte pour avoir des données sur la faune de la forêt de Fontainebleau.
Je découvris une association étonnante de vieux naturalistes, rébarbatifs au premier abord car ne parlant que de noms latins. Cependant, je m’aperçus rapidement que certains des plus éminents membres avaient un esprit scientifique extrêmement poussé et des connaissances très intéressantes.
Je commençais à faire des sorties passionnantes avec le président François Du Retail, l’ornithologue Gérard Senée, le docteur François Cantonnet, l’entomologiste, Lionel Casset, le spécialiste des vipères, le docteur Mercié, la spécialiste des champignons, Mme Rapilly ainsi que Jacques Costé.
Je tiens à rendre hommage à ces éminents naturalistes (la plupart décédé à ce jour), car malheureusement, le président a voulu faire entrer des jeunes dans l’association, ce qui est une bonne chose, mais ce groupe de jeunes a vite méprisé les anciens naturalistes dont certains étaient depuis 40 ans l’association. Sous la pression et la menace de suspendre les subventions (car parmi ces nouveaux membres, certains travaillaient pour une grande administration…), le président et la plupart du conseil d’administration (dont moi-même) ont été « démissionné », suivi par les deux tiers des adhérents…
C’est à cette date, en 1984, que j’ai créé Objectif Nature, à la demande des adhérents démissionnaires.
C’est dans cette association que j’ai rencontré Michel Godefroy. Les nouveaux membres de l’ANVL voulaient organiser un comptage des engoulevents. Je participai à la sortie, mais au bout d’une heure je m’aperçus que les organisateurs étaient perdus et qu’ils avaient du mal à reconnaitre le chant de l’engoulevent (malgré une cassette avec le chant de l’oiseau). D’ailleurs, l’endroit étant mal choisi, nous n’entendions aucun engoulevent.
J’observai, amusé un homme en train de se moquer d’eux alors que les participants avaient pour la plupart peur d’être perdu. Les organisateurs ne sachant plus quoi faire, Mr Godefroy les ramena au parking qui ne se trouvait qu’à une centaine de mètres !
Puis il les emmena écouter les engoulevents un peu plus loin.
C’est ainsi que je rencontrai Michel Godefroy. De retour au parking, nous avons discuté et nous sommes vites devenus inséparables !


A cette époque, j’effectuais des inventaires pour l’Office national des forêts, notamment sur les amphibiens, les reptiles et les chiroptères.
Michel m’accompagnait souvent, mais dès qu’il fut à la retraite, quelques années plus tard, nous faisions quasiment toute les sorties ensemble.
Michel Godefroy connaissait particulièrement bien la flore et les oiseaux, et son sens de l’observation était étonnant. Enthousiasme à l’idée d’aller en forêt, il me motivait quand j’étais fatigué.
Adepte du café, nous nous retrouvions souvent autour d’un petit réchaud à faire chauffer un café dans une cafetière italienne à l’arrière de mon vieux Land rover.
Nous avons ainsi effectué les comptages d’engoulevent, les suivis de cerfs au brame, et l’inventaire des reptiles, amphibiens et chiroptères de la forêt de Fontainebleau.
Michel Godefroy m’a bien aidé à mes débuts d’étude des chiroptères.

Dans les années 1990 personne n’étudiait les chiroptères en France, à part de manière personnelle, le directeur de recherche du Muséum de Paris, le professeur André Brosset. A cette époque, un directeur de recherche du Muséum de Paris était un scientifique reconnu internationalement.
Avec une désarmante assurance due à ma jeunesse, je suis allé voir cet illustre scientifique, qui m’a reçu avec une bienveillance que je n’ai pas retrouvée souvent chez des amateurs auto-proclamés spécialiste dans d’autres domaines.
Mes progrès dans mes recherches ont aussitôt progressé car il me donnait à chacune de mes visites de précieux conseils. Grace à lui, je fus sans doute le seul amateur à publier dans la prestigieuse revue scientifique qu’était « mammalia » à cette époque !
Il me fit rencontrer un vieux monsieur qui s’intéressait aussi aux chauves-souris Mr Caubère que je rencontrais ensuite assez fréquemment.
Michel Godefroy m’a bien aidé pour les difficiles installations de filets pour capturer (et relâcher ensuite après identification) les chiroptères de la forêt. Nous avons ainsi étudié toutes les mares de la forêt.
Surnommé « tête blanche » par ses amis veneurs en raison de ses cheveux blancs, Michel Godefroy aimait bien suivre à pied ou à vélo les chasses à courre en forêt de Fontainebleau. Il jouait du cors de chasse mais aussi du cor des Alpes.

1990
Au printemps de l’année 1990, en revenant d’un affut, je trouvais de nombreux amphibiens écrasés sur une courte portion de route, près de Sorques.
J’ai alors effectué un comptage des amphibiens écrasés, l’identification des espèces et une localisation des passages.
Munis de ce rapport (que j’ai rédigé au nom de « Nature Recherche », association remplaçant « Objectif Nature), j’ai contacté les associations locales et nationales. Mais à cette époque, la protection de la nature n’intéressait personne, et je n’ai eu aucune réponse.
J’ai eu beaucoup de mal à avoir une autorisation pour les faire traverser en sécurité. Autorisation qu’il fallait redemander tous les ans avec un dossier ubuesque à remplir (il fallait donner le nombre précis d’animaux que nous prévoyons de sauver !) et que le ministère de l’Environnement donnait avec 2 ans de retard et dont un employé zélé envoyait la police entre temps… !

Pendant 2 mois tous les ans, toutes les nuits, Michel Godefroy, Geneviève Martin et moi-même ; ainsi que plusieurs dizaines de bénévoles, avons sauvés des milliers d’amphibiens et je tiens à les remercier car c’était très astreignants (il faut se pencher dans les trous, ramassés et identifier les amphibiens puis les relâcher, le tout de nuit et souvent sous la pluie).
Heureusement, la DDE s’est montrée compréhensive (beaucoup plus que le Ministère de l’Environnement qui n’a jamais répondu à mes courriers… sauf quand je leur présente mes voeux en début d’année !!) et en 1996, 4 « crapauducs » furent construit sur la route. Le succès fut total et ces amphibiens traversent désormais en toute sécurité. Cette action servira d’exemple et les années suivantes les crapauducs ont fleuri un peu partout en France. Il faut dire que de nombreux scientifiques ou protecteurs de la Nature de tous les pays d’Europe m’ont demandé de venir visiter ces installations. J’ai aussi publié un bon nombre de publications scientifiques sur cette action.
Mais cette action ne s’est pas arrêtée là, je voulais protéger la population d’amphibiens toute l’année et non seulement lors des migrations. En effet ces amphibiens vivent en forêt domaniale de Fontainebleau et sont donc protégés, mais ils vont pondre de l’autre côté de la route, dans une carrière qui venait juste de cesser son activité. Ce qui allait devenir l a si connue « Plaine de Sorques » était composé d’étangs et de terres mis à nue. Le propriétaire de la carrière souhaitait vendre le site, et la commune voisine était intéressé, avec l’appui d’un promoteur pour y implanter une zone résidentielle…
Nous étions en 1990 et la protection de la nature n’était pas encore reconnue comme de nos jours. Ayant alerté les associations locales, je n’obtins aucun appui, ce site ne leur semblant pas intéressant.
Pourtant je savais que plusieurs espèces d’amphibiens rares (pélodyte ponctué, crapauds calamite) en particulier justifiait la protection de ce site. De plus les étangs accueillaient des milliers d’oiseaux en hiver, qui trouvaient refuge sur le Loing lorsque les étangs étaient gelés. De plus, il s’agissait du principal passage des cerfs pour aller dans d’autres forêts.
Cette fois, c’est le conseil général de Seine et Marne qui vint étonnamment à mon secours. Une nouvelle loi permettait aux conseils généraux d’acheter des terrains pour les protéger.
Je montais un dossier, après avoir mené des inventaires et un plan de gestion que j’envoyais au conseil général et le site fut acheté.

Malheureusement, la DRAE Ile de France voyant le succès de l’opération décida de s’y mêler…Elle mandata un bureau d’étude parisien pour effectuer des inventaires (ils ont trouvé à peine un tiers des espèces que j’avais identifié) et proposer un plan de gestion.
La première réunion (et la dernière pour moi car je disparus mystérieusement de la liste des membres que gérait la DRAE… ) fut houleuse. La DRAE et la mairie de Montigny-sur-Loing voulaient un immense parking à l’entrée avec tables pique-nique (la fréquentation humaine a été de pair avec la raréfaction des oiseaux hivernants), un chemin qui longent le loin (ce qu’ils ont obtenus, et à cause de cela les oiseaux ne peuvent plus aller sur le Loing lorsque les étangs sont gelés). Ils voulaient aussi que la chasse soit autorisée, sinon les mairies ne subventionnaient pas (citation d’un représentant d’association de protection de la nature ») « cela ne me dérange pas si on ne chasse pas les oiseaux »). Je ne suis pas contre la chasse mais ce site est particulier, c’était un des sites de passage des cervidés vers d’autres forets.
Suite à mon opposition, je fus éjecté de manière officieuse (la DREAL ne m’envoyait plus d’invitation et me vira car je ne venais pas…).
Désormais le site n’était plus géré écologiquement et le premier impact fut la disparition des crapauds calamites, car mes préconisations de gestion n’avaient pas été suivies…

En 1990, 3 petits révoltés franciliens décident que la gestion de la forêt de Fontainebleau ne leur convenait pas et se décrètent « écoguerrier ». S’en suit alors une triste période où ils détruisent du matériel de l’ONF et des bucherons. Au grand dam des véritables associations de protection de la nature locaux comme l’association des amis de la forêt de Fontainebleau et Nature Recherche.
Alors que ces associations dialoguent avec l’ONF et obtiennent beaucoup de chose (baisse des coupes, arrêt des coupes rases, baisse des plans de chasse), les écoguerriers entretiennent un climat de violence et de dénigrement de toutes les actions menées.
En fin d’année, les écoguerriers arrachent 6000 pieds de cèdres, et demandent, avec l’association des naturalistes de la vallée du Loing la création d’un parc national.
Heureusement, ce parc ne verra jamais le jour, les autorités ayant compris que la forêt n’avait pas besoin d’un afflux de touristes supplémentaires.

Lors de son interpellation, j’appris qu’un de ces écoguerriers était membre de mon association « Objectif Nature ». j’ai donc dissous l’association pour la remplacer par « Nature Recherche « .
Un des autres membres était aussi parisien et membre de groupuscules animaliste, mais le troisième restait encore une fois intouchable…
Vers Noël, les écoguerriers sont identifiées, arrêtés et incarcérés.
Le calme revient en forêt après ce triste incident qui sera le précurseur de la violence des animalistes, qui deviendra malheureusement régulière à partir des années 2010…

1998
Après 10 ans d’étude des chauves-souris, des reptiles et des amphibiens, je publie des rapports sur ces espèces en forêt de Fontainebleau. Cela me vaut mon entrée au conseil scientifique de gestion des réserves biologiques de la forêt de Fontainebleau.
Cela entraina un changement radical sur la gestion de la faune en forêt, pour la première, on avait des données et des préconisations de gestion.
C’est aussi l’année où je publiais mon premier livre sur les animaux de la forêt de Fontainebleau aux éditions du Puits fleuri à Héricy (77).

Les années 2000…
A partir de l’année 2000, je m’occupais moins de la protection de la forêt de Fontainebleau, l’ONF ayant fait d’énormes progrès en gestion écologique de la forêt.
De plus, l’association des Amis de la forêt de Fontainebleau suivait de manière très pertinente et efficace cette gestion.
Avec mon association Nature Recherche, je continuais le suivi des espèces sensibles, envoyant mes données à l’ONF régulièrement.

Mes fonctions de consultant environnemental me permettaient d’oeuvrer quotidiennement pour la protection de la Nature dans toute la France.
Ces dix dernières années, j’ai accentué mon activité de réalisateur vidéo, de photographes et d’écrivain naturaliste. Cela m’a permis de publier plusieurs livres et films sur la faune sauvage.
Robert Picard nous a quitté il y a bien longtemps et Serge Girault il y a quelques années…
Malheureusement, Michel Godefroy est décédé en 2020, et Michel Agron en 2022.
Je perdis mes deux derniers amis naturalistes avec qui je faisais encore régulièrement des sorties en forêt…